Bryan Campbell ; Waldemar Kretchkowsky

Posted on 4 juillet 2011

0


Rien à voir entre ces deux… sinon ?

Voila un des charmes de « Mouvements sur la ville » ! Il est possible de voir à la suite, dans un même lieu, deux spectacles qui n’ont pas grand chose à voir (mais qui donnent beaucoup à voir !) Enfin, du moins dans le cas du Studio Glandier à la Paillade. On peut dire d’ailleurs (profitons-en) que les 3 salles de « Mouvements sur la ville » ont affirmé cette année une identité propre. Si la Salle 3 a été le paradis des danseuses (ou des femmes en général), l’Atelier de Yann Lheureux a été beaucoup plus porté sur des « formes », dont le point commun était l’ouverture à la rue (voir note). Le Studio Glandier a eu un rôle beaucoup plus encyclopédique. On pouvait aller voir beaucoup et dans des genres très variés.

La proposition du lundi et du mardi mêle donc une pièce très conceptuelle, « The quadruped protagonist » et une pièce d’un délire baroque et slave « Le preux dans la peau du tigre« . Dit comme ça, ça fait un peu peur, non ?

Cela fait encore plus peur quand on apprend que « The quadruped protagonist » traite de l’esthétique de « petit poney ».

Et là, je dois avouer mon incompétence et mon incompréhension. J’ai effectivement eu une fille qui avait un « petit poney » (et que j’ai peigné avec un « petit peigne »). Mais je jure (I swear to God !) que je n’ai jamais vu cet objet iconographique à la télévision. De ce fait, j’ai vu une pièce que je n’ai pas compris. Je tiens à dire que, de mon point de vue, les deux interprètes (Bryan Campbell et Emmanelle Santos) font très bien les choses (rythme, rigueur des gestes, précision, etc.) Mais ça m’a laissé totalement froid ! Je ne vais pas développer, je ne vois pas comment faire ! Je commence à sentir profondément mon âge.

Beaucoup plus simple aura été ma réception de « Le preux dans la peau du tigre« . Il s’agit à la base d’une performance, introductrice des peintures de Waldemar. Je l’avais vue au vernissage de son exposition de la Salle Saint Ravy.

Il s’agit donc d’une performance où Waldemar en fait beaucoup, voire même énormément. Certaines mauvaises langues diraient qu’il en fait trop. Mais il me semble au contraire que cela tient parce qu’il en fait des tonnes. Il installe tout d’abord un espace, qui tient de l’univers fétichiste et donc de l’univers religieux (tendance Vaudou ou orthodoxe… pas du tout janséniste ou Grandmontain). Ensuite,  (et pendant), il tient un discours qui fait appel à la philosophie (qui oscille entre le grand sérieux et la philo de comptoir). Et il lit des poèmes, quelquefois en langue originale. Et tout le miracle de la pièce tient dans le jeu de ping-pong un peu branque entre l’interprétation virtuose et le n’importe quoi. (Je pense à une lecture de Tarkovsky père qui est un moment sublime.) Evidemment la présence corporelle de Waldemar joue un grand rôle. Elle permet quelque chose qui tient de la fascination. On croit rêver, en fait.

On pouvait se poser des questions sur le passage de cette performance pour galerie de peinture à une boite noire/scène de danse. Je trouve que ça marche parfaitement. On ne ressort pas forcément convaincu par la teneur philosophique des propos (et pourtant !) Mais on ressort avec beaucoup de joie et après avoir applaudi à tout rompre.

Note : j’exagère peut être un peu en parlant d’ouverture à la rue pour l’Atelier… Mais il y a quand même quelque chose de l’ordre de la performance visible en tout lieu, par exemple chez Emmanuel Grivet. Sa première pièce plus précisément, ne nécessite pas un plateau. De même, dans la proposition de Peter Nkoghé, on peut retenir le slam et donc la poésie urbaine tout autant que la danse très construite. Pour les autres (Lheureux, Lutes et Noonan, etc.), c’est assez évident qu’il y a une ouverture vers d’autres lieux que le plateau.

Publicités