Micaëlle Despaquis

Posted on 22 avril 2011

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présentait jeudi 21 son solo, Imago, au public de l’Agora.

Cela permet deux réflexions séparées. La première est sur l’Agora, bien évidemment. Avec l’ouverture de ce lieu, un peu embrumée et endeuillée par le décès de Frêche, qui au final, malgré les hauts et les bas, avait été le financeur, donc « l’homme rendant possible »… s’est ouvert un studio de danse, ma foi bien sympathique (bien équipé et rendant l’accueil-public assez simple). Ce studio se nomme Cunningham. L’idée de Montanari est d’y accueillir en résidence de jeunes créateurs (l’idée sous-jacente est ausi d’avoir un lieu de travail derrière le plateau de plein air des Ursulines – on pourrait dire en sport qu’il s’agit du « terrain annexe », ce qui n’a rien de péjoratif, au contraire. Un beau stade, c’est aussi un beau terrain annexe.)

Reste maintenant à y faire venir le public. Cela ne présente pas de difficultés pour les spectacles. Cela va être un petit peu plus laborieux (mais « labeur » est un joli mot) pour les impromptus et pour les sorties de résidence. En effet, il faut garder une certaine souplesse horaire, pour ne pas bloquer le travail des compagnies (voir Note), tout en ayant quand même une certaine avance dans la prévision, pour que le public ait le temps de s’organiser. On a là un problème technique (les problèmes de circulation dans Montpellier sont, on l’espère, passagers). En effet, le public maîtrisé par Montpellier-danse, dont le fichier, disons, est celui des Cartes Agora, est un public assez installé dans la vie. Il lui faut en général du temps pour réagir. Le public des sorties de résidence est un petit peu moins installé, il est plus jeune, au sens : plus disponible pour l’expérimentation (qui parfois peut friser le n’importe nawouaq). C’est typiquement un public web plus qu’un public Carte Agora, courrier, soirées de présentation et tutti quanti… Or, s’il y a bien un endroit où Montpellier-danse n’est pas cool power addict, c’est l’internet. Le site est très joli mais lourd de chez lourd. Bon, rien de rédhibitoire. Il faut simplement penser à trouver la clé (ceci dit, une fois la clé trouvée, il y aura peut-être bien trop de monde, non ?) Facebook ? A mon avis oui. On verra.

L’autre point est évidemment Micaëlle Despaquis. Une belle danseuse, ma foi. A l’aise dans plusieurs techniques et jolie comme un coeur. Son solo est typiquement quelque chose sur la difficulté à se faire comprendre, à se faire apprécier à sa juste valeur. Elle apparaît tout en blanc et son chapeau est un parfait résumé de sa danse. Il s’agit d’une casquette portée la visière sur la nuque, ce que l’on pourrait associer à la mode hip-hop. En même temps, la coupe est subtile de chez subtile (j’achète tout de suite ! Qui a fait ça ?). Cela fait plus haute-cout’ que banlieue. Ben, la danse, c’est pareil. C’est une danseuse… et effectivement, de temps en temps on peut se dire que c’est du hip-hop.

Le point le plus surprenant est la difficulté, qui semble vraiment liée à la personne, à rester immobile et à se relaxer. Jamais la crispation ne quitte son visage, par moment amplifié par un dispositif vidéo (qui n’est pas live, mais peu importe, la synchronisation avec les divers dispositifs techniques joue un rôle important dans la pièce). C’est une danseuse à voir. On peut penser que sa danse personnelle sera pendant un temps une lutte contre elle-même. On a envie de connaître les épisodes.

Par ailleurs, comme danseuse, on pourra la voir cet été dans « Mouvements sur la ville » avec Ibrahim Diane (CLIK) qui comme on l’a déjà dit est excellentissime.

Note : Voila une info typique que l’on vient de recevoir : NOUS VOUS INFORMONS QUE LA VISIBILITÉ DE FIN DE RÉSIDENCE DE LAURENT PICHAUD MER. 27 MAI 18H STUDIO CUNNINGHAM / AGORA EST ANNULÉE

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