Bon, et Anna Halprin ?

Posted on 21 avril 2011

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Eh ben, il faut que je vous dise… je n’ai eu aucune, mais alors aucune envie d’aller voir PARADES & CHANGES, REPLAY IN EXPANSION.

Je saurais dire pourquoi ! Tout simplement parce que ça ne me paraissait pas en harmonie avec mon état d’esprit actuel. De quoi s’agit-il ? D’une pièce des années 60 (mon terreau culturel), correspondant donc à une révolte irrépressible contre tout le monde capitalo-américain en train de se mettre en place. De manière intéressante, cette révolte venait aussi d’Amérique. Elle a été digérée par le système, cela saute au yeux… Mais cela fait mal  (lire « Le capitalisme de la séduction », un peu mal écrit, mais définitif sur le sujet… ou encore Guy Debord). Et comme on voit bien qu’on va vers l’acceptation de choses inacceptables (combien de césium autour de Kiev ?… Combien demain autour de Tokyo ? Combien après-demain autour d’Avignon ?), cela fait d’autant plus mal.

Et là, on a ce qui ressort de la digestion, donné dans un théâtre (Grammont) qui est l’archétype architectural de la victoire définitive de la bourgeoisie sur tous nos idéaux. (Il faudrait développer, mais le grand escalier bétonné à monter pour avoir accès à la culture, c’est déjà pas mal… La nomination du directeur n’est qu’un phénomène identique aux autres)

Alors, en face, j’avais la possibilité d’aller voir du Brecht, monté par des jeunes gens. Et je me suis éclaté. Jean-Paul Montanari disait que la danse contemporaine est morte et que, de nouveau, l’heure est au théâtre… Je ne peux pas le dire de manière objective, il aurait fallu que je vois les deux choses… Mais je ne suis pas loin de penser ça.

PS / Ceci ne remet pas en cause l’honnêteté possible des auteurs de la danse que je ne suis pas allée voir. Nous n’avons pas le même âge. Beaucoup ne peuvent pas comprendre que, souvent, je vois des idéaux piétinés, là où d’autres écoutent des « reprises » ou des « hommages ». Mais bon, à titre d’exemple, entendre John Lennon dans des pubs, c’est ce que certains appellent un blasphème. … « A working class hero is something to do« . Il faut que je traduise ? Oui, peut être : c’est dur d’être un héros de la classe ouvrière.

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Posted in: Réflexion