Anne-Cécile Déliaud

Posted on 13 février 2011

0


Peu connaissent l’Espace Recto-Verso. Il s’agit d’une minuscule salle, composée de 2 pièces, dans l’ancienne rue commerçante de Celleneuve, nommée Marcellin Albert (le leader des grands manifs viticoles du début du 20ème). La salle irait très bien pour un petit snack. Elle a un temps servi à un atelier d’architecte. Elle dispose sur la rue d’une vitrine intégrale, ce qui permet d’avoir de belles lumières. C’est donc un très beau lieu d’expo et le soir la rue est très peu passante (et peu bruyante). Hormis en cette période où il y a non loin des travaux pour le tramway, le lieu est très bien desservi par le Bus 15.

C’est une danseuse prénommée Sarah, qui habite à 2 pas (je suis à 3 !) qui gère le lieu. Elle invite des compagnies qui ont envie d’expérimenter. Le public possible est fort limité, de l’ordre de la vingtaine de personnes. Et l’espace plateau est tout riquiqui. Mais bon, cela peut donner des idées et de belles soirées !
En l’occurence, en ce premier vendredi de janvier, nous avons pu assister à une performance de Anne-Cécile Déliaud. Elle doit être appréciée comme prof (là je suis dans la spéculation la plus totale !) parce qu’il y avait du monde. La pièce était un peu trop riquiqui pour qu’on apprécie vraiment en totalité. Je pense qu’il y en a qui se sont attachés aux pieds et d’autres au regard !
C’était pas mal du tout. C’était du buto et il y avait quelques uns des problèmes du « buto interprété par des occidentaux en ce moment ».  Je m’explique.
Le buto est une danse qui se voulait une réponse de type prise de conscience face à la bombe, à la guerre (et maintenant on peut l’interpréter comme : face au fascisme en général). Petit à petit des artistes ont transformé ce message en un parti-pris technique ou esthétique/visuel. De ce fait la nudité a disparu ou s’est transformée en music-hall (Ariadone, notamment). Bon, à la rigueur, on peut accepter ça, mais à mon sens, masquer le corps du danseur dans ce type de technique est une perte. L’autre aspect est la perte du sens qui fait partir sur un type de mime extrêmement codé, qui fait appel à pas mal de références culturelles japonaises, que je qualifierai de « mignardises » qui (à mon sens encore) ne sont pas dans les grands apports de la culture jap à la culture mondiale !
Reste l’intensité ! Ce fait que chaque geste est réalisé comme si la vie du monde en dépendait. Là, on avait ça et on l’avait surtout le regard qui m’a saisi et transporté.

Que demander d’autre à une performance ? Merci beaucoup Madame.

Publicités
Tagué: